Je culpabilise, tout les homos ou presque ont toujours eu un tas de problèmes : Cela va de l'acceptation de sois, au insultes homophobes en passant par le rejet familiale ou l'incompréhension totale.
Pour moi, tout va bien : Ma famille accepte, j'ai une femme que j'aime et des amis formidables. Il ne me manque que la beauté et le sex-appeal pour avoir le droit de croire à la perfection de mon monde lesbien rurale !!
Je culpabilise donc quand je vois toutes ces annonces dans les magasines, des gens qui cherchent l'âme s½ur, des gens seuls, tristes et désespérés.
Tout les homos seraient-ils dans la merde et pas moi ?
Je culpabilise de voir ce bonheur sans ombre apparente qu'est ma vie de pauvre gouine...
Pauvre gouine ? Non justement ! Qu'ais-je de si pauvre dans ma vie appart mon compte en banque et le crédit sms de mon portale ? Rien !
N'est-ce pas plus désespérant de ne rien trouver de désespérant dans sa vie, que d'avoir des raison de désespérer ? Je désespère de trouver la réponse à cette question !
A première vue donc, ma vie est parfaite (si tenté que la perfection existe car ''si on est parfait ça veut dire qu'on doit tout avoir, même des défaut ! Et si on a des défauts on est pas parfait '', logique puisque la citation est de moi !!!).Quand je vois ma situation actuelle, je me dis que la vie d'homo en fait, c'est pas si dure que ça et je me demande alors pourquoi je n'en bave pas autant que les autres...
Quand je revois rapidement mon passé de gouine révoltée, je ne vois rien qui me fait du mal ou me freine d'une quelconque façon dans ma quête du bonheur, de l'absolue et de la perfection (je vous refait pas le truc sur la perfection, je crois que tout le monde l'a déjà bien compris !!).
Mais il me semble que ce regard sur mon passé est peut-être un peu trop rapide et qu'il laisse, involontairement ou non, de côté tous les aspects difficiles, tous les mauvais souvenirs et les diverses souffrances que j'ai du surmonter. Et je me dis que tout compte fait, je ne suis peut-être pas si différente des autres homos.
Je revois ces problèmes, me revois avec mes ex-petits amis (oui oui amIS, pas amIES ni même amIE tout court) me persuadant que j'aime les mecs. Ce n'était pas de l'amour ! Loin de là ! C'était de l'abattage !!! Je suis sortie avec tout un tas de gas pour essayer d'étouffer cette pulsion, ce désir, ce besoin, cet amour que je ne comprenais pas, que je ne voyais pas, ou plutôt, que je ne voulais sans doute pas voire. Combien de fois suis-je sortie avec un garçon pour être plus proche de sa meilleure amie ou de son ex que je trouvais si ''sympa ou charmante ''. Simples compliments à première vue, bien d'avantage en réalité !
Marie, Annabelle, Elodie, Bénédicte et la belle Ester du ''stage d'été''.... Toutes ces filles (et bien d'autres) que je tentais de séduire indirectement, toutes ces filles qui ne faisaient pas cas de moi, qui ne me connaissait pour certaines même pas ou qui tout au plus me trouvaient ''bien gentille''.
Je l'ai aimé Bénédicte ! Oh que oui ! Mais elle m'a brisé le c½ur sans même le savoir le jour ou elle m'a dit qu'elle trouvait ''les lesbiennes dégueulasses''.
A l'époque, je ne savais même pas pourquoi cette réflexion me faisait si mal, je ne savais pas moi-même que j'étais homo. Je savais que je l'aimais mais cela me paraissait tellement normal et évident que ça ne m'avait jamais traversé l'esprit de me dire : ''Mais ? T'es gouine ?!!''.
Toujours les mêmes scénarios, les mêmes épreuves, les même déceptions, jour après jours, années après années... Je me sentais si bien dans les bras de cette jolie brunette qui m'avait serrée contre elle en me tenant la main tendrement durant toute une chaude et agréable après-midi d'été... Quel ne fut pas mon bonheur quand le soir, pour s'endormir, elle m'avait pris la main, la serrant fort jusqu'à que ses rêves l'emportent bien loin de moi...
Et quel ne fût pas ma déception lorsque le lendemain matin elle avait décidé de m'ignorer...
Je n'avais rien provoqué, c'était-elle qui avait pris l'initiative de tout ces gestes qui avaient pris tant d'importance pour moi, je n'avais rien provoqué et pourtant c'est bien moi qui ai souffert. Avait-elle eu peur ? Probablement bien plus que moi. Je ne lui en ai jamais voulu car pour moi ces instants avaient été merveilleux même si ils avaient malheureusement été trop courts et que la situation avait pris une tout autre tournure que celle que j'espérais !
Après tout, que peux attendre une jeune lesbienne d'une ado hétéro ? N'avais pas déjà obtenu d'avantage que j'aurais du obtenir ?
Toujours est-il que toutes ces expériences m'ont laissées un goût amer et m'ont faites souffrir.
Souffrir comme ces insultes à la sortie du Lycée, souffrir de cette honte que l'on a d'avoir honte quand on nous traite de gouine devant une bonne vingtaine de personnes. Mais je ne voulais pas avoir honte, je voulais être fière, mais comment être fière quand on ne sait même pas encore ce que l'on est vraiment ou quand on est persuadée qu'être homo est une maladie.
Et quand bien même on en est conscient, on ne veut pas porter préjudice à ses amis, on a honte pour eux, honte parce qu'on ne veut pas qu'ils aient honte de nous, parce qu'on ne veut pas les faire souffrir autant que nous souffrons...
Bien sûr, ''les insultes c'est pas la mort'', quoique quand on voit le résultat de tels comportements sur la vie de gens comme Brandon TEENA ou Matthew SHEPARD (et de tant d'autre, trop d'autre...), morts à cause de leur façon de vivre et d'aimer : Si, en fait, c'est peut-être bien la mort les insultes...
Certes, il ne faut pas dramatiser mais il ne faut pas pour autant se cacher la réalité. Des jeunes et des moins jeunes souffrent encore de leurs différences parce qu'ils ne peuvent en parler, parce qu'ils sont rejetés, critiqués, dépassés, jugés, tabassés, violés, par des gens qui ne comprennent pas qu'ils souffrent alors que ce sont eux qui les font souffrir, alors que ce sont eux qui les tuent à petit feu.
Ce n'est pas du fatalisme mais je reste juste convaincue que tout homosexuel a eu, ou aura le droit a au moins un comportement homophobe dans sa vie.
Et n'allez pas me dire que de tels comportements ne vous font pas souffrir, car au fond, nous souffrons tous d'être incompris et encore rejetés par des gens qui feraient mieux de regarder un peu quelles ordures ils sont avant de dire du mal de gens qui ne font que s'aimer et qui prennent autant, sinon plus, soin de leurs partenaires qu'eux.
Parce que c'est quand on en bave pour avoir quelque chose qu'on l'apprécie le mieux, et que nous, homos, question ''bave'' on est pour la plupart des escargots étant donné toutes les épreuves que nous devons traverser !
La société a encore beaucoup de chemin à faire pour apprendre à se mêler de ses affaires.
E.